JML / LMj

Évaluation de la pratique des pédiatres au Liban Prise en charge et prévention de la bronchiolite

N° 65-2 (2017) - Pages 83-91

Elie CHOUEIRYMarianne KARAMSandy DIABChristelle KHAIRALLAHPaul Henri TORBEYBernard GERBAKA

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RESUME

Introduction: Cette étude est la première du genre effectuée au Liban concernant la prise en charge de la bronchio- lite par les pédiatres et médecins de famille. Elle vise à établir un protocole concernant la prise en charge, le traitement et la prévention de cette pathologie tout en effectuant une comparai- son au standard des méta-analyses mondiales et aux confé- rences de consensus déjà établies.

Matériels et méthodes: Un questionnaire est établi sur base du consensus français de prise en charge publié en 2000 et se référant aux directives du journal officiel de l’American Academy of Pediatrics concernant la prise en charge de la bronchiolite. Quatre-vingts généralistes et pédia- tres représentatifs des différents centres hospitalo-universitaires et périphériques y ont répondu.

Résultats: Nous avons pu dé- montrer une très grande variabilité dans l’approche tant diagnos- tique que thérapeutique de la bronchiolite au Liban, à l’appui de notre objectif d’établir un seul protocole de prise en charge clinique et hospitalière à travers la Société libanaise de pédia- trie. Alors que 98,57% des pédiatres libanais se basent sur la cli- nique pour diagnostiquer la bronchiolite, 41,18% font une radio- graphie pulmonaire, 48,28% un bilan sanguin et 72,86% une recherche virale. Concernant la prise en charge thérapeutique, presque tous s’accordent sur le traitement symptomatique de la bronchiolite (hydratation, fractionnement des repas, position pro- clive à 30° de la tête et désobstruction rhinopharyngée), ≈ 57% prescrivent des bronchodilatateurs, 30% ont recours à la cortico- thérapie inhalée ou orale et 10% prescrivent de l’antibiothérapie préventive. En ce qui concerne la prise en charge intrahospita- lière, > 80% ont recours à la kinésithérapie respiratoire, > 60% prescrivent des bronchodilatateurs inhalés, 65% utilisent les aé- rosols d’adrénaline, < 40% le sérum hypertonique et > 50% le sé- rum physiologique. Concernant l’administration de palivizumab, une grande variabilité dans le respect des indications est notée dans la pratique : 27,45% donnent 3 doses en tant que prophy- laxie immunitaire contre le VRS alors que 72,55% respectent la règle de 5 doses.

Conclusion: Sans régulations particulières au Liban, la prise en charge de la bronchiolite permet à chaque pé- diatre de prescrire un traitement personnalisé et le plus souvent erroné, ce qui nous a conduit à établir une première étude natio- nale visant à esquisser un schéma de traitement clair et mondia- lement reconnu à recommander par la suite à travers la Société de pédiatrie à tous les pédiatres et centres hospitaliers au Liban. D’autre part, nous recommandons d’initier des études financières comparant surtout le coût et l’efficacité du palivizumab au coût des hospitalisations de toutes formes de bronchiolites.

Mot-clés: bronchiolite, virus respiratoire syncytial (VRS), prise en charge, nourrisson, toux, désaturation, palivizumab, pédiatres, prématuré

ABSTRACT

Introduction: This study is the first of its kind in Lebanon to probe the management of bronchiolitis by pedia- tricians and family physicians. The American Academy of Pediat- rics (APP) guidelines and standard global meta-analyses guided the comparison of patterns of medication treatment in Lebanon with clinical practices elsewhere. The aim of the study is to cre- ate a guideline that can assist with the establishment of a proto- col for treatment, prevention and public education of the dis- ease.

Materials and Methods: A survey was conducted based on the clinical practice recommendations of the 2000 French consensus conference for acute viral bronchiolitis management. The survey included 80 pediatricians and general practitioners representing different regions of Lebanon.

Results: The study showed inconsistency in the approach to diagnose and treat bronchiolitis in Lebanon. Results showed that 98.57% of the Lebanese pediatricians confirm the diagnosis clinically, however 41.18% of them do chest X-rays, 48.28% order a blood test and 72.86% search for viral etiology. Concerning the treatment, while all Lebanese pediatricians seemed to be convinced that the treatment of bronchiolitis is supportive (hydration, splitting meals, proclive position at 30 degrees, nasal decongestion), almost 57% said they prescribe bronchodilators, 30% opt for inhaled or oral corticosteroids, and 10% order antibiotics for pre- vention. When the patient is admitted, more than 80% of the practitioners reported the use of respiratory physiotherapy, while 60% said they make use of inhaled bronchodilators. Nebulized epinephrine is chosen by 65 percent of those surveyed; nebu- lized hypertonic saline is used by less than 40%, while more than half of the practitioners prefer nebulized physiologic saline. Concerning the administration of palivizumab, significant dissim- ilarity was detected among the pediatricians : 27.45% said they prescribe three doses as immunoprophylaxis, while 72.55% said they respect the five-dose rule.

Conclusion: The manage- ment of bronchiolitis in Lebanon remains far from being stan- dardized, with every pediatrician having his or her personal approach. This has led us to carry out the first ever national study to outline a regimen that is clear and based on interna- tional standards, which should be validated by the Lebanese Pediatric Society and disseminated to pediatricians and hospi- tals around the country. We also recommend further studies comparing the cost effectiveness of palivizumab injections with the cost of hospitalization for bronchiolitis on social security sys- tems and health insurance schemes.

Keywords: bronchiolitis, respiratory syncytial virus, manage- ment, infant, cough, desaturation, palivizumab, pediatricians, premature

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